Deuxième journée d’assises dans l’affaire de la rixe de Papara

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Deuxième journée d’assises dans l’affaire de la rixe de Papara
PAPEETE, le 12 septembre 2017 – Ce mardi avait lieu le deuxième jour d’audience dans l’affaire de la bagarre mortelle de Papara. La journée a été marquée par les auditions du frère de la victime et des accusés. Ces derniers ont reconnu avoir porté des coups aux deux victimes. L’audience devrait encore durer trois jours.

Cette deuxième journée d’assises sur l’affaire de l’esclandre funeste de Papara a débuté par l’audition d’un gendarme appelé sur les lieux le soir du drame. L’homme a indiqué qu’il s’était rendu dans une servitude de Papara, que celle-ci était plongée dans l’obscurité et que deux victimes gisaient à terre. La gendarmerie s’était déjà transportée sur les lieux quelques heures auparavant pour des faits de vol mais la victime n’avait pas souhaité porter plainte.

Est ensuite venu à la barre l’individu qui avait emmené le jeune Moearii et son frère sur les lieux. Rappelons que les trois jeunes gens s’étaient rendus à Papara, le 19 juillet 2014, suite à l’appel de l’une de leurs amies qui souhaitait récupérer l’enceinte de la marque Bose que l’on venait de lui subtiliser.

Devant la cour d’assises, le témoin, aujourd’hui âgé de 37 ans, a expliqué que, ce soir-là, Moearii lui avait passé un coup de fil lui demandant de l’emmener à Papara afin d’y régler un « problème », lui expliquant : « viens, j’ai besoin de toi immédiatement ». A la présidente qui lui demandait pourquoi ne pas avoir refusé sans connaître la teneur de ce problème, l’individu a expliqué qu’il ne « refusait rien » à la victime, « nous voulions juste régler la situation. »

Selon lui, il aurait récupéré les deux frères au domicile familial avant de filer vers Papara à 90 kms/h. Une fois sur place, l’homme aurait garé sa voiture à l’extérieur de la servitude avant de se rendre vers la maison où aurait eu lieu le vol. C’est alors que le frère de la victime, particulièrement remonté, serait entré dans la cour de l’habitation afin de retrouver l’enceinte. Là, il s’en serait pris à la mère de plusieurs des accusés avant de ressortir de la propriété, se retrouvant ainsi, avec son frère et son ami, face à une quinzaine de jeunes gens.

S’ensuivent des jets de pierre, de bouteille et des coups de bâtons. Les trois hommes, réalisant qu’ils ne pourront faire le poids, auraient alors tenté de fuir avant que Moearii ne s’arrête pour aider son frère qui venait de chuter, « On s’est dit, s’ils ne veulent pas ramener l’enceinte, on va le récupérer. On a dit que l’on reviendrait à armes égales car on ne connaissait pas le terrain. »

Lorsque la présidente de la cour d’assises lui a demandé quels sentiments venaient à lui à l’évocation de cette affaire, l’individu a expliqué qu’il éprouvait des regrets et de la culpabilité, « si je n’avais pas accepté ce soir-là, peut-être

que personne ne serait mort. »

C’est ensuite le frère de la victime qui a été entendu à la barre. Le jeune homme, qui avait été grièvement blessé ce soir-là a confirmé la version de son ami, expliquant qu’il était, en effet, entré dans la cour du domicile, « j’avoue, j’étais énervé, j’ai haussé le ton mais je n’ai tapé personne. Nous voulions juste récupérer l’enceinte car nous savions qu’elle ne serait plus là le lendemain. »

C’est à ce moment que la mère de certains des accusés lui aurait demandé de sortir. Corroborant la version de son ami, l’individu a expliqué qu’en sortant de la maison, ils avaient commencé à se battre avec les jeunes présents, qu’il avait fini à terre, qu’il « n’entendait plus mais pouvait encore voir son frère, au sol, se faire taper dessus. »


TERRITOIRE
Ont, ensuite, commencé, les auditions des accusés. Rappelons que, parmi les accusés, trois frères comparaissaient hier pour cette affaire de violences en réunion. L’un d’entre eux, le premier accusé à être entendu, a reconnu avoir porté des coups à la victime. Il a indiqué qu’il était ivre et qu’il avait tenté de dissuader les trois hommes, leur disant qu’il serait mieux de régler cela le lendemain.

Lorsque la présidente lui a demandé : « Mais, monsieur, pourquoi ne pas les laisser partir ? », l’accusé lui a répondu : « J’étais en colère, je l’ai frappé. Il n’avait pas à imposer la loi dans mon quartier, c’est quand même chez moi… »

L’homme a ensuite confirmé qu’il avait mis des coups de pieds dans la tête de l’accusé, « comme on frappe sur un ballon », sans pour autant reconnaître l’avoir battu avec une barre de fer sur laquelle on a retrouvé son Adn.

C’est ensuite le frère du premier accusé qui a été entendu. Peu bavard, il a, lui aussi, reconnu avoir porté des coups de poubelles sur la victime. L’audience reprendra demain. Quant à l’enceinte Bose, personne n’a pu dire où elle avait échoué.


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